1937 : La famille Fenouillard ressuscitée !

Dans la dernière case de son album La famille Fenouillard (1893), Christophe nous laissait sur le mariage des deux jeunes sœurs Artémise et Cunégonde qui prenaient pour époux Anatole et Polydore, les neveux du docteur Mauve (Guy, de son prénom). En légende, l’auteur concluait ainsi : « Et, comme elles auront évidemment beaucoup d’enfants, nous ne disons pas « adieu », mais « au revoir » à l’intéressante famille  ((Christophe, La famille Fenouillard, chapitre « Tous ! Tous !! », Armand Colin, 1893, p. 74. )). » 

 


Christophe, dernière case de l’album La famille Fenouillard, Colin, 1893. Source : Bnf.gallica.fr

 

Mais cette suite ne vut jamais le jour. Au début des années 1900, le père des Fenouillard mais aussi du sapeur Camember, du savant Cosinus et de Plick et Plock, bandes dessinées publiées dans Le Petit Français illustré depuis 1889, met un terme à ses séries, laissant sa dernière, Le Baron Cramoisy, inachevée.

Des années plus tard, interviewé en 1936 par le journal Toute l’édition, il s’explique sur cet arrêt : « (…) je ne voulais pas suivre l’exemple de ceux qui tirent soixante-dix moutures du même sac et finissent par faire des horreurs. Je n’ai pas voulu me vider… Je dessine encore, de temps en temps, mais pour moi…  ((« Chez les illustrateurs », Toute l’édition, 5 décembre 1936. Voir notre article : http://www.topfferiana.fr/2016/04/comment-sont-nes-tous-ces-heros/)) »

Effectivement, après la Première Guerre mondiale, la signature de Christophe a disparu de la presse. Mais, sous son vrai nom, Georges Colomb continue de signer des chroniques de vulgarisation scientifique dans les revues Ric et Rac (de 1934 à 1944) ou Le Jura français (de 1933 à 1939). A part une pièce de théâtre en 1925  ((La Famille Fenouillard, comédie en trois actes par Fernand Nozière et Pierre Humble, fut joué au Théâtre du Petit Monde en 1925.)), les lecteurs avaient perdu tout espoir de lire de nouvelles péripéties des Fenouillard. Les fameux héros de papier n’en sont pas pour autant relayés aux oubliettes. Les albums de Christophe, réédités de nombreuses fois, sont toujours disponibles au catalogue de leur éditeur historique, Armand Colin  ((Dans son mémoire, Cécile Braun répertorie une 24e édition de La famille Fenouillard en 1925 et une 35e en 1946. Pour une édition critique : Christophe, La Famille Fenouillard, Armand Colin & Cie, 1893, mémoire de Master I, Université Toulouse II – Le Mirail, 2007, p. 182.)). Des réalisateurs souhaitent porter l’oeuvre de Christophe sur grand écran : après Jean-Pierre Paulin en 1933, c’est au tour du réalisateur René Pujol d’annoncer au début de l’année 1936 un projet d’adaptation de La Famille Fenouillard pour le cinéma  ((« René Pujol adapte La Famille Fenouillard », Paris-Soir, 17 février 1936. En 1933, un premier « bruit de studio » avait annoncé que Jean-Pierre Paulin, réalisateur de La Femme nue, allait adapter pour le cinéma La Famille Fenouillard mais aussi Le Sapeur Camember et Le Savant Cosinus (Paris-Soir du 7 avril 1933). Ce n’est qu’en 1961 qu’un film s’inspirant de La Famille Fenouillard, réalisé par Yves Robert, sortira en salles.)).

Ce regain d’intérêt pour son œuvre pousse-t-il Christophe à reprendre le crayon ? En tout cas, et contrairement à ce qu’il avait déclaré en décembre 1936 dans Toute la presse, le pseudonyme du dessinateur était déjà réapparu dans les pages de Paris-Soir Dimanche  ((Publié à partir du 22 décembre 1935, Paris-Soir Dimanche est le supplément dominical de Paris-Soir. Ce dernier est quotidien fondé en 1923 par Eugène Merle. Depuis 1930, il est la propriété de l’industriel Jean Prouvost qui va en faire un journal moderne à succès. Albert Londres fait partie des rédacteurs et Pierre Lazareff y fait ses premières armes. Des reportages sont signés par les plus illustres signatures : Colette, Cocteau, Kessel, Blaise Cendrars ou Saint-Exupéry. Le quotidien tire à un million d’exemplaires dès 1933 puis à 1,8 million en 1939. Voir Agnès Chauvin, « 37, rue du Louvre : de Paris-Midi au Figaro », Livraisons d’Histoire de l’Architecture, n° 11, 2006.)). En effet, quelques mois avant cette interview, Christophe participe à la page « Pour les enfants » de ce supplément dominical du quotidien Paris-Soir. Il y illustre un court texte de Marie Colmont (« Histoire de la laide », 5 juillet 1936) et ses propres souvenirs dans « Histoire de trois bêtes racontée par une quatrième » (1er novembre 1936).

 

Les ultimes facéties du sapeur

Dans cette même rubrique du Paris-Soir Dimanche, Christophe pubie le 17 janvier 1937 les « nouvelles aventures du célèbre sapeur Camember ». Le facétieux militaire au bonnet de poils reprend du service dans un épisode intitulé « Une riche idée ». Il ne s’agit pas d’une histoire en images comme celles parues dans Le Petit Français illustrée entre 1890 et 1896, mais d’un texte illustré de quatre dessins.

 


Christophe, « Une riche idée », Paris-Soir Dimanche 17 janvier 1937. Source : Töpfferiana

 

Le scénario n’est pas totalement inédit : la première partie reprend la blague des gants neufs trop grands déjà utilisée par Christophe une quarantaine années auparavant, dans une aventure du sapeur intitulée « Fatal méprise »  ((Christophe, Les facéties du sapeur Camember, « Fatal méprise », Armand Colin, 1896, p. 41.)).

François Caradec, premier biographe de Christophe, avait déjà déniché une autre facétie tardive du sapeur. Celle-ci parut quelques mois après, dans la revue Tryptique, une revue réservée aux professionnels de la médecine. Mais, là aussi, Christophe réutilise un gag connu  ((Christophe, « Une visite », Tryptique, n° 111, octobre 1937. « Une visite » reprend la forme d’une histoire en images comme dans Le Petit Français Illustré. Elle est composée de neuf vignettes légendées, réparties sur plusieurs pages, au-dessus d’un article consacré à Christophe signé par André Paulin. Dans l’ouvrage de Caradec, elles sont réunies sur une seule page. Le biographe décrit cette histoire comme une « version ad usum medicorum » d’une planche du sapeur Camember (Christophe, Horay, 1981, p. 48-49).)).

 

Résurrection sensationnelle

Un mois après le retour du sapeur, le quotidien Paris-Soir annonce une « résurrection sensationnelle » dans son supplément dominical : « La famille Fenouillard se prépare à visiter l’Exposition de 1937, par le véritable auteur de La famille Fenouillard, Christophe »  ((Paris-Soir, 26 février 1937, p. 7.)).

 


Extrait de l’annonce du Paris-Soir, 26 février 1937. Source : Gallica.bnf.fr

 

Et quelques jours plus tard, la page « Pour les enfants » du Paris-Soir Dimanche daté du 28 février 1937 propose un premier épisode de ces nouvelles aventures : « Les demoiselles Fenouillard se préparent à visiter l’Exposition de 1937 ».

 


Christophe, « Les demoiselles Fenouillard se préparent à visiter l’Exposition de 1937 », Paris-Soir Dimanche, 28 février 1937. Source : Töpfferiana

 

Il s’agit d’un retour aux sources puisque les aventures de la famille Fenouillard débutèrent en 1889 lorsqu’Armand Colin, qui venait de fonder Le Petit Français illustré, demanda à Christophe de dessiner l’histoire d’une famille visitant l’Exposition universelle qui se tenait cette année à Paris. Cette première aventure intitulée « La famille Fenouillard à l’Exposition » parut du 31 août au 28 septembre 1889. Elle ne fut pas reprise dans l’album publié en 1893, l’actualité de la manifestation qui s’était tenue quatre ans auparavant étant passée  ((Pour inventer les Fenouillard, Christophe avait repris des personnages d’un texte illustré paru dans le Journal de la jeunesse en janvier 1889. A ce sujet, voir notre article : Antoine Sausverd, « Du texte illustré à la bande dessinée. La Famille Fenouillard de Christophe », Le Magasin du XIXe siècle, dossier « Et la BD fût ! », n° 6, 2016, p. 106-112.)).

 


Christophe, « La famille Fenouillard à l’Exposition », Le Petit Français illustré, 31 août 1889. Source : Cibdi.fr

 

En 1937, L’Exposition universelle se tient à nouveau à Paris. L’Histoire se répète-elle ? Le journal Paris-Soir profite-t-il de cet évènement pour demander à son collaborateur de refaire revivre les Fenouillard. Quarante-huit ans se sont écoulés depuis leur première apparition et Christophe fait vieillir ses personnages puisque l’on retrouve les filles Fenouillard, Artémise et Cunégonde, désormais adultes, mariées et mères de famille  ((Les parents Fenouillard, probablement trop âgés, ne font pas partie de ce dernier voyage.)). Leur physionomie a bien évolué depuis : les deux jeunes filles, quasiment jumelles d’apparence, ont laissé place à deux femmes mûres, aux anatomies opposées à l’extrême.

Apprenant la nouvelle de la tenue de cette nouvelle Exposition parisienne, elles décident de s’y rendre, persuadées que leur présence assurera le succès de cette manifestation, comme elles avaient « jeté un lustre particulier » sur celle de 1889. Mais avant, elles se lancent chacune dans un régime, l’une pour maigrir, l’autre pour grossir, afin de retrouver la silhouette de leur jeunesse et ainsi de pouvoir rentrer dans leur costume d’époque  ((Ces efforts respectifs pour prendre et perdre du poids n’est pas sans évoquer le point de départ de l’album L’Art d’engraisser et de maigrir à volonté, une histoire en images dessinée par Cham et publiée par la maison Martinet en 1857.)).

L’édition de Paris-Soir-Dimanche du 29 mai propose un deuxième épisode intitulé « Derniers préparatifs d’Artémise et Cunégonde ». On y apprend que les régimes furent inefficaces. Une dispute éclate entre les sœurs à propos de la date d’ouverture de l’Exposition. Elle s’étend à leurs animaux de compagnie (le chien Poc et le chat Tristapatte) et à leurs fils (Polydore et Sosthène)  ((Christophe glisse dans cet épisode une référence à Tristan Bernard, son ancien élève et ami, dans la légende de la troisième vignette de cet épisode, comme il le fera quelques mois plus tard dans l’histoire du sapeur Camember qui paraitra dans la revue Tryptique.)). Rabibochées, le lecteur quitte les deux femmes sur le chemin du départ, avec les nouveaux costumes qu’elles se sont confectionnés et qui rappelle l’ancien, pensant qu’ainsi elles pourront « être mieux reconnues des peuples les plus étranges auxquels leur silhouette est depuis longtemps familière ».

 


Christophe, « Derniers préparatifs d’Artémise et Cunégonde », Paris-Soir-Dimanche, 29 mai 1937. Source : Töpfferiana

 

Un troisième épisode paraît le 25 juillet 1937 : on suit nos héroïnes, accompagnées seulement de leur chat et chien, pendant leur voyage en car « de Saint-Remy-sur-Deule à Paris », comme le précise le titre. Après quelques péripéties avec les autres voyageurs, la dernière vignette montre Cunégonde, arrivée dans son hôtel parisien, dans son bain. Elle reste stupéfaite à la lecture d’une dépêche urgente dont le contenu, encore inconnu, laisse le lecteur dans l’expectative du prochaine épisode… Mais le mystère de cette lettre dure encore aujourd’hui puisqu’après ce troisième épisode le feuilleton s’arrête sans explication. Les filles Fenouillard ne réapparaitront plus dans Paris-Soir Dimanche. Cette résurrection reste inachevée.

 


Christophe, « Les demoiselles Fenouillard à l’Exposition de 1937. De Saint-Remy-sur-Deule à Paris »,
Paris-Soir-Dimanche, 25 juillet 1937. Source : Gallica.bnf.fr

 

La publication très espacée de ces trois épisodes s’étend du 28 février au 25 juillet. Le nouveau feuilleton, commencée bien avant l’ouverture de l’Exposition le 25 mai, s’arrête alors que la manifestation bat son plein, trois mois avant la date de sa fermeture, le 25 novembre. Le journal a-t-il mis fin à cette histoire à suivre. Ce retour n’a peut-être pas soulevé le même enthousiasme qu’à ses origines, à la fin du XIXe siècle. Christophe s’est-il lassé de dessiner ces héros, ou une quelconque raison l’a empêché de continuer ?

 

Banquet final

Quelques mois après ce retour interrompu, Le Jura français, revue régionaliste dans lequel Georges Colomb publie son « billet » depuis plusieurs années, annonce la tenue d’un « banquet Fenouillard » (n° 37, novembre-décembre 1937). Celui-ci se tiendra à Paris, à l’hôtel Lutetia, en janvier 1938 sous la présidence de son illustre collaborateur. L’occasion de ce repas est de fêter, avec un peu d’avance, les 50 ans des Fenouillard et les 82 ans de leur auteur  ((La Famille Fenouillard n’est créée qu’en 1889 et Christophe est né le 25 mai 1856. Le programme de ce banquet est détaillé par Caradec dans le chapitre « Fenouillard posthume » de sa biographie de Christophe, op. cit., p. 117-119.)).

L’escapade avortée d’Artémise et Cunégonde devenues adultes n’est plus à l’ordre du jour. Pour cet ultime tour de piste en forme d’hommage, Christophe dessine pour le menu sa célèbre famille au complet, dans sa version originelle et désormais gravée comme telle pour l’éternité. Ultime apparition officielle des Fenouillard, ce banquet final clôt la saga Fenouillard, comme il y aura d’autres quelques décennies plus tard, entre gaulois  ((Un comble pour Colomb qui passera ses dernières années à écrire sur Vercingétorix et à contester la localisation officielle du site de la bataille d’Alesia.)), à la fin des albums d’Astérix, un autre chef-d’œuvre de la bande dessinée.

 

Dans la presse des années 1930

Les bandes dessinées de Christophe sont-elles désuètes à l’époque de son retour ? Dans leur forme, les aventures des soeurs Fenouillard de 1937 ne diffèrent pas vraiment de celles du XIXe siècle. Les trois épisodes de Paris-Soir Dimanche sont composés de quatre ou cinq dessins, non encadrés et accompagnés de légendes. La lecture de cette histoire en images se fait verticalement et les texte sont placés sur le côté. Le choix de cette mise en page s’est probablement imposé à cause de la longueur inégale et parfois imposante des textes qui accompagne les scénettes.

Le style de Christophe, malgré son âge, ne tremble pas. On retrouve dans cette douzaine de vignettes légendées toute la verve et le style qui ont fait son succès. Son trait est sûr et semble même plus libre, plus vif qu’à ses débuts, se rapprochant de celui de son « maître et modèle », Rodolphe Töpffer  ((Sur l’influence de Töpffer sur Christophe, voir notre article : Les « réminiscences classique » de Christophe.)). Les dessins se concentrent sur les personnages, leurs expressions et mouvements, les décors sont réduits au strict nécessaire. Les recettes comiques restent les mêmes, saupoudrant son texte de ses inénarrables paraphrases pseudo-scientifiques ou déplaçant le point de vue de ses scènes.

Si ces nouveaux épisodes n’apparaissent pas dans un journal pour enfants, ce n’est pas un hasard. En 1937, les jeunes lecteurs se sont massivement tournés vers une nouvelle génération d’illustrés incarnée par Le Journal de Mickey qui paraît à partir de 1934. Balayant les vieilles formules, ce périodique pour enfants propose de grandes pages couleur remplies de comics américains et des héros modernes qui s’expriment avec des bulles.

A la même époque, la bande dessinée se développe considérablement dans la presse quotidienne, nationale aussi bien que régionale. D’une part, sur le modèle des syndicates américains, des agences de presse distribuent pour les journaux des contenus divers (articles, interviews, etc.). En contrat avec King Features Syndicate depuis 1930, Opera Mundi place dans la presse française des comics strips américains,  comme Opera Mundi  ((A l’exemple de Felix the Cat, Mickey Mouse, Bonzo, Winnie Winkle (Bicot), Tarzan ou encore The Gumps (La famille Mirliton). L’agence française crée aussi ses propres strips comme Le Professeur Nimbus qui apparait dans Le Journal en 1934.)). Par le biais de cette agence, Paris-Soir publie pendant quelques mois de 1937 la bande Henry de Carl Anderson  ((La publication quasi quotidienne de ce strip débute dans Paris-Soir le 29 avril 1937 et se termine trois mois plus tard le 30 juillet 1937.)).

 


Carl Anderson, « Henry », Paris-Soir, 29 avril 1937. Source : Source : Gallica.bnf.fr

 

D’autre part, les journaux développent à cette époque des pages hebdomadaires thématiques, dont certaines destinée aux jeunes lecteurs. Celles-ci rassemblent divers contenus comme des jeux, des concours, des contes et historiettes illustrés, mais aussi des bandes dessinées. Une page pour la jeunesse apparait à partir de 1920 dans L’Echo de Paris, en 1930 dans Ouest-France, en 1935 dans L’Humanité, en 1936 dans Le Figaro et Le Petit Parisien, ou encore en 1937 dans Le Petit Journal  ((Julien Baudry, « Le rôle de la culture enfantine dans l’introduction de la bande dessinée dans la presse quotidienne française de l’entre-deux-guerres », Le Temps des médias, 2013/2 n° 21, p. 35-52.)). Paris-Soir n’y échappe pas et propose dans son supplément Paris-Soir Dimanche une rubrique « Pour les enfants » dès sa création en décembre 1935, celle-là même qui accueillera plus tard les nouvelles aventures des Fenouillard.

 


« Pour les enfants », page du Paris-Soir Dimanche du 24 octobre 1937. Source : Gallica.bnf.fr

 

Au programme de cette page figurent des contes et des histoires illustrées par des dessinateurs comme Jean de Brunhoff, André Hellé, Jacques Nam ou Jean Effel, des jeux, un courrier des lecteurs, et des bandes dessinées en feuilletons. A l’époque où Christophe y collabore (1936-1937), on peut y lire « Mali, l’hippopotame » dessiné par Pellos sur des textes d’Henry Clérisse, « Les Trois mousquetaires » de René Giffey, « Le dernier des Mohicans » de Savile Lumley, « Les Mésaventures de Bébert » (Rupert Bear en version originale) de l’anglaise Mary Tourtel, ou encore « Heidi », une adaptation d’un film (en photogrammes légendés) avec la jeune Shirley Temple en vedette. Le format de ces bandes dessinées, présentant des dessins avec des lignes de textes en-dessous, est le même que les histoires en images de Christophe de la Belle Epoque, et qui s’imposera définitivement au tout début du XXe siècle dans la presse enfantine française  ((Le succès des bandes dessinées de Christophe ayant probablement sa part dans ce choix de mise en page.)). Dans d’autres séries, les dialogues se font dans des bulles, comme « Les exploits de Jacquou » de Giffey ou « Fred l’intrepide » (traduction de Tim Tyler’s Luck) de l’américain Lyman Young, strip distribué par Opera Mundi.

A cela s’ajoute la présence d’un éphémère strip français muet (« Ted Dollar détective » par Pascal Bastia, publié fin 1936) et des publicités en bande dessinée (Lux, Palmolive ou encore les Sels Kruschen). Traditionnelles ou plus modernes, des formes variées d’histoires en images se côtoient ainsi dans les pages de Paris-Soir et de son supplément dominical, véritable carrefour de ce qui peut se faire dans le genre à l’époque.

 

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