Du Chicago Tribune au Dimanche-Illustré : les premiers comic strips dans la presse française

Martin Branner, « Bicot, président de club », Dimanche-Illustré, 3 avril 1932. Source : Gallica.bnf.fr

[Suite de l’article sur les comic strips du Paris Tribune]

Dans les quotidiens français, les daily strips américains, comme ceux publiés dans The Paris Tribune, ne perceront véritablement qu’à partir des années 1930. Ce sont davantage les Sunday pages qui séduisent les revues françaises, notamment par leur format qui s’intègre facilement dans une pleine page.

Inspiré par les suppléments dominicaux américains, le quotidien parisien Excelsior lance en mars 1923 Excelsior-Dimanche. L’année suivante, alors que son tirage atteint 230 000 exemplaires, cet hebdomadaire familial s’émancipe et change de nom pour devenir Dimanche-Illustré. Dès son lancement, son contenu propose une double page centrale imprimée en noir et rouge qui fait la part belle aux Sunday pages du Chicago Tribune 1. Le premier numéro propose ainsi la série Bicot, président de club, une adaptation en français des planches dominicales de la série Winnie Winkle the Breadwinner dessinée par Martin Branner, qui met en scène le jeune frère de Winniedes plus  nommé Perry et sa bande de copains 2. L’année suivante, Dimanche-Illustré publie également les Sunday pages de The Gumps de Sidney Smith sous le titre La Famille Mirliton. L’édition européenne du Chicago Tribune se fait l’écho de cette traduction du plus célèbre de ses comic strips dans laquelle Andy est rebaptisé Narcisse et Uncle Bim, Oncle Eusèbe 3.

 

Bicot, président de club et La Famille Mirliton, double page extraite du Excelsior-Dimanche, 6 janvier 1924. Source : Gallica.bnf.fr

 

Avant l’arrivée de La famille Mirliton, d’autres séries du quotidien de l’Illinois apparaissent furtivement dans les premiers mois du Dimanche-Illustré : Kernel Cootie de Carey Orr (11 planches) et Harold Teen (rebaptisé Zéphirin en français) de Carl Ed (2 planches). Notons également quelques pages provenant du New York Herald comme Reg’lar Fellers de Gene Byrnes (4 pl.) ou Ginger Pop de Russ Westover (1 pl.).

Dimanche-Illustré tente également de publier le strip Old Doc Yak de Sidney Smith en mars 1931. Cette bande complémentaire de The Gumps apparaît le même mois dans le nouveau supplément de bandes dessinées du Paris Tribune. Dans le magazine français, il s’insère dans la rubrique « La Semaine comique », pêle-mêle de textes et de dessins d’humour mais aussi de courtes histoires en images, avec ou sans légendes. L’expérience tournera court, seule une dizaine de strips sera publiée jusqu’en décembre 1932 4. Il ne s’agit ici que de strips muets (parfois agrémentés de bulles avec des onomatopées) de cette série qui peut comporter des dialogues dans des phylactères. Cette sélection effectuée par Dimanche-Illustré permet au comic strip de s’intégrer facilement dans la rubrique du journal, parmi les autres histoires en images du même genre.

 

Sidney Smith, « Un portrait véritablement… vivant (histoire sans paroles) », Dimanche-Illustré, 20 novembre 1932. Source : Gallica.bnf.fr

 

Bicot, bande à succès

Si La famille Mirliton ne fut publiée que trois ans dans Dimanche-Illustré, Bicot connaît un plus grand succès, paraissant jusqu’en 1940, année de la disparition de la revue 5.

En plus de cette longévité, les Sunday pages de Martin Branner sont reprises sous forme d’albums édités par Hachette à partir de 1926. Pas moins de quatorze ouvrages portant le double copyright Dimanche-Illustré et Chicago Tribune sont ainsi publiés jusqu’en 1939. Ce ne sont pas les premiers albums traduits de comic strips américains par l’éditeur français : le catalogue de Hachette propose dès 1906 Le Petit Sammy éternue (Little Sammy Sneeze) de Winsor McCay, puis dix albums de Buster Brown par Richard Outcault entre 1907 et 1928 6. Les albums Bicot prennent ainsi le relais de ceux de la série d’Outcault et initient une longue liste de nouveaux ouvrages de bande dessinée publiés par Hachette. Ainsi, d’autres héros américains intégreront la collection de l’éditeur, comme Mickey Mouse, Félix le Chat (1931) ou encore Pim Pam Poum (1933), avec de lourdes transformations que les précédents comic strips n’avait pas connues jusqu’alors : les bulles sont supprimées et remplacées par un texte dactylographié (descriptif ou sous forme de dialogues) placé sous l’image 7.

Autres corollaires du succès de Bicot, les déclinaisons du comic strip sous forme de jouets et de spectacles voient le jour : la firme de jouets Petitcolin commercialisa des figurines en celluloïd représentant des personnages de la bande dessinée (Bicot, Suzy, Auguste, Julot et Ernest) et le Théâtre du Petit Monde, dirigé par Pierre Humble, donna trois spectacles avec les héros de Branner entre 1925 et 1931 8.

Martin Branner, comme ses confrères du Chicago Tribune, fait une halte parisienne à l’occasion d’un voyage touristique en Europe 9. Il est l’un des rares cartoonistes américains dont le passage à Paris en 1932 est signalée dans la presse française 10. Par ailleurs, c’est très probablement à l’occasion de ce voyage transatlantique que Branner rencontra le jeune Robert Velter, dit Rob-Vel, futur créateur de Spirou 11.

 

L’influence des Dupuy

Paul Dupuy (1878-1927), le propriétaire de L’Excelsior et de son supplément Dimanche-Illustré, est un habitué des États-Unis où il a fait de nombreux séjours 12. Son père, Jean Dupuy (1844-1919), patron de presse qui dirigea Le Petit Parisien, l’y envoie à partir de 1902 pour qu’il étudie le fonctionnement de la presse américaine; il en rapporte également des machines à imprimer plus performantes ainsi que des méthodes innovantes pour dynamiser les ventes 13. De ces voyages, Paul Dupuy rapporte en France des comic strips.

Dès 1907, Nos loisirs, le supplément dominical sous la forme d’un magazine du Petit Parisien, se distingue de la concurrence en publiant la première traduction dans la presse française de séries importées d’outre-Atlantique 14. Ainsi, The Newlyweds and Their Baby de George McManus parait dans une vingtaine de numéros de l’hebdomadaire entre 1907 et 1909  (une ultime planche fut publiée en 1912). En version française, ce family strip qui narre les déboires d’un jeune couple formé de Monsieur et Madame Nouvomarié avec leur bébé Petit Ange n’est pas reproduit à l’identique. En comparant les premières pages de Nos Loisirs avec celles publiées aux États-Unis, on constate que des bulles ont été supprimées : une seule subsiste par image, comme si le lecteur ne pouvait pas en supporter davantage. En remplacement, le texte sous l’image transcrit un dialogue entre le père et la mère. Peu après, toutes les bulles seront maintenues mais le texte ne disparaîtra pas pour autant 15.

 

George McManus, The Newlyweds and Their Baby. À gauche :« Le Petit ange a du goût pour la peinture », Nos Loisirs, n° 27, 7 juillet 1907 ; à droite : « Signs of artistic temperament », extrait de l’album The Newlyweds and Their Baby, Saalfield, 1907. Source : Töpfferiana.fr et VCU Libraries Digital Collections

 

Après la publication de la famille Nouvomarié, il faut attendre deux ans pour que le comic strip fasse son retour dans Nos Loisirs. En 1911 et 1912, trois nouvelles séries américaines qui font quelques apparitions : The Katzenjammer Kids (sous le titre Les méfaits des petits Chaperché) de Rudolph Dirks (17 planches en 1911 et 1912), Happy Hooligan (3 pl.) et And Her Name was Maud (Les méfaits de la mule Maud) de Frederick Burr Opper (9 pl.). Cette fois, les histoires sont reproduites à l’identique, les bulles sont conservées, aucun texte n’est ajouté. Ces publications restent cependant irrégulières et avant de disparaître dès octobre 1912, elles n’étaient plus réduites qu’à occuper des demi-pages.

Notons également que quelques mois après le lancement d’Excelsior-Dimanche (futur Dimanche-Illustré), Le Petit Parisien, quotidien dirigé par Paul Dupuy qui a pris la suite de son père à sa mort, tente d’introduire dans ses pages un comic strip : Mutt and Jeff de Bud Fisher. Mais seules quatre bandes parurent dans ses éditions des 19, 26 et 28 juin et le 15 août 1923. Encore une fois, la bande américaine fut adaptée pour le lecteur français : si ces strips conservent leurs bulles, elles ont la particularité d’indiquer au début le nom du personnage qui s’exprime, comme dans une pièce de théâtre (Mutt ou Jeff, en l’occurrence). De plus, dans la dernière case du premier strip publié, une didascalie est ajoutée pour indiquer que Jeff imite le bruit d’une bouteille que l’on débouche.

 

Bud Fisher, Mutt and Jeff, Le Petit Parisien, 19 juin 1923. Source : Gallica.bnf.fr

 

Malgré ces adaptations, le comic strip n’arrive pas à prendre pied dans Le Petit Parisien. Le quotidien qui se targue à l’époque d’être « le plus fort tirage des journaux du monde entier » n’est pourtant pas réfractaire à la bande dessinée mais préfèrent les petites historiettes en quelques images, muettes ou avec légendes 16. Mais les journaux français semblent considérer que leurs lecteurs ne sont pas prêts ou pas éduqués pour lire ces histoires dont les dialogues sont placés dans des bulles, procédé qui est très rarement utilisé à l’époque en France.

Dimanche-Illustré réussira pourtant son pari de publier des Sunday pages sans modifier leur dispositif. C’est à « l’influence bénéfique » d’une américaine que l’on attribue habituellement la publication de comics du Chicago Tribune dans cette revue, celle d’Helen Dupuy (1875-1951) 17. Née Helen Browne à Chicago avant son mariage en 1908 avec Paul Dupuy, elle devint en 1927, à la mort de son mari, la gérante du groupe Excelsior Publications avant que celui-ci ne soit réorganisé en 1932 18.

 

Portraits de Paul Dupuy (1927) et de Helen Browne (1930).
Sources : Excelsior, 11 juillet 1927 et Bibliothèque Marguerite Durand, Paris

 

Au lancement de Dimanche-Illustré en 1923, il est possible qu’elle ait eu un rôle dans le choix des comics provenant du quotidien de sa ville natale. Les contacts entre les Dupuy et The Chicago Tribune ont pu se faire à Paris, grâce aux bureaux européens du quotidien, ou même à l’occasion de l’un des voyages outre-Atlantique du directeur de L’Excelsior19.

 

Des bulles françaises

S’il n’est pas évident d’évaluer l’influence qu’ont pu avoir les comics du Paris Tribune sur les dessinateurs français 20, la publication persévérante de traductions de ses Sunday pages dans Dimanche-Illustré a véritablement accompagné la bande dessinée française vers la modernité du modèle américain. Dans les premiers numéros du Dimanche-Illustré (qui s’appelle encore Excelsior-Dimanche), l’épisode de Bicot est parfois doublé, en regard d’une autre bande dessinée. Celle-ci peut être une autre série américaine, comme nous l’avons vu plus haut, mais elle peut aussi être réalisée par des dessinateurs français. Naurac, Albert Mourlan, Roger Cartier ou Haro, donnent ainsi quelques pages de bandes dessinées en s’appliquant à recopier la recette américaine 21 : la page est composée selon un gaufrier régulier et les dialogues entre les personnages se font uniquement par des bulles. Deux d’entre eux tentent également de créer un personnage récurrent : Potiron pour Albert Mourlan (5 pl.) et Tiburce pour Roger Cartier (5 pl.) 22. Mais finalement, au début de l’année 1924, La famille Mirliton vient prendre la place de ces expérimentations françaises qui ne semblent pas avoir convaincu.

 

À gauche : Naurac, « La photographie imprévue », Dimanche-Illustré, 18 mars 1923. Source : Gallica.bnf.fr.
À droite : Russ Westover, « Snapshot Bill », New York Herald, éd. européenne, 3 mai 1914. Source : Gallica.bnf.fr.
Naurac copie ici une page parue dans l’édition européenne du New York Herald près de dix ans auparavant.

 

C’est un autre dessinateur français qui réussira à endosser l’habit américain : Alain Saint-Ogan crée, à la demande de Henri de Weindel et Camille Ducray, respectivement rédacteurs en chef d’Excelsior et de Dimanche-Illustré, les personnages de Zig et Puce pour remplacer au dernier moment une page de publicité manquante à la dernière page de Dimanche-Illustré 23. La série publiée à partir du 3 mai 1925 plait aux jeunes lecteurs et s’installe durablement dans la revue. Zig et Puce, première bande dessinée française utilisant des bulles à connaître un important succès, aura une influence déterminante sur la production francophone qui suivra 24.

 

Les aventures de Patatras

Au début des années 1930, une autre série du Chicago Tribune fut publiée dans la presse française : Gasoline Alley. Les pages dominicales de la bande dessinée de Frank King paraissent du 21 novembre 1929 au 12 janvier 1933 dans le journal Benjamin fondé en 1925 par Jean Nohain. Sous le titre Les aventures de Patatras et de son oncle Pépito, ces planches sont reproduites dans un format réduit sans leurs couleurs originelles ni leur bandeau-titre dessiné, avec la mention du copyright du Chicago Tribune. On retrouve également Patatras à partir de décembre 1929 dans la nouvelle série du journal catholique Cœurs Vaillants qui reprend du matériel déjà publié dans Benjamin.

 

Frank King, Les aventures de Patatras, Benjamin, 14 août 1930. Source : Gallica.bnf.fr
Aux États-Unis, la page originale fut publiée le dimanche 24 août 1930.

 

Les aventures de Patatras paraissent en France à l’époque où le daily strip et les Sunday pages sont publiés dans l’édition européenne. Au printemps 1931, des publicités pour les Sunday pages du Paris Tribune, récemment ajoutées à l’édition européenne, fleurissent dans Benjamin. Dans ces encarts, Patatras s’adresse aux lecteurs en leur proposant de retrouver ses aventures en version originale tous les dimanches, ainsi que celles d’autres héros qui l’accompagnent sur le dessin comme Smitty ou Little Orphan Annie : « Voulez-vous apprendre l’anglais avec moi ? Je vous présenterai mes camarades nouvellement arrivés des États-Unis. »

 

Encart publicitaire pour le Chicago Sunday Tribune, Benjamin, 2 avril 1931. Source : Gallica.bnf.fr

 

Jusqu’au dernier épisode, Benjamin respecte le dispositif original du comic strip de King, avec ses bulles. Cependant l’ultime planche de Patatras, publiée dans le numéro du 12 janvier 1933, subit une sérieuse transformation : les phylactères sont supprimés pour être remplacés par des lignes de dialogues placées sous l’image, se rapprochant du modèles des séries que publie Joseph Pinchon dans Benjamin (comme La famille Amulette ou Grassouillet). Les aventures de Patatras ne survivent pas à cette inexplicable transformation d’autant que d’autres bandes dessinées de Benjamin utilisent des bulles25. Le personnage du jeune Patatras dessiné par King reste la « mascotte » du journal encore quelque temps, associé notamment au club des lecteurs et des lectrices du journal. À partir de 1935, il réapparaît sous le crayon de Pinchon. Le dessinateur de Bécassine imagine de nouvelles aventures au garçonnet et à son oncle, rebaptisé Pépinou, mais celles-ci, qui dureront jusqu’en 1940, n’auront plus grand-chose à voir, dans le fond comme dans la forme, avec la bande dessinée de Frank King 26.

 

La nouvelle ère Opera Mundi

L’arrivée de l’agence de presse Opera Mundi, créée par Paul Winkler en 1928, bouleverse la présence jusqu’alors timide du comic strip dans la presse française. Diffuseur pour l’Hexagone des comic strips du King Features Syndicate (KFS), Winkler s’emploie à les placer dans différents journaux. Le groupe Excelsior Publications se montre une fois de plus à la pointe puisque ce sont ses titres qui publient en premier les bandes dessinées diffusées par Opera Mundi. L’hebdomadaire Ciné-Miroir propose dès décembre 1929 Félix le Chat, créée par Otto Messmer et Pat Sullivan, suivi quelques mois après par Le Petit Parisien, premier quotidien français à accueillir régulièrement un strip américain (à partir du 5 mai 1930, soit sept ans après l’apparition furtive de Mutt et Jeff). Dans le même titre, Les Aventures de Mickey (signées Walt Disney) prennent le relais le 7 octobre 1930. Cette fois, le comic strip s’installe durablement puisqu’il y est publié jusqu’en 1940. 

L’arrivée dans les kiosques du Journal de Mickey, lancé en 1934 par Winkler, révolutionne la presse enfantine en faisant la part belle aux comics américains. Dès lors, les autres illustrés pour enfants des années 1930 changent leur formule et s’ouvrent davantage aux bandes dessinées à bulles. De nouvelles séries créées et « syndiquées » par The Chicago Tribune font leur apparition en France, alors que son édition européenne a cessé de paraître depuis 1934. Ainsi, L’As, créé en 1937 par la Société parisienne d’édition (SPE), propose en plus de Moon Mullins (Nestor Tourniquet), Terry et les Pirates de Milton Caniff. Ce comic strip est également présent dans Junior entre 1937 et 1939, mais aussi en 1938 dans L’Aventureux sous le titre Les Aventures de François. Toujours dans L’As, le jeune lecteur peut lire les aventures du chat Spooky dessinées par Bill Holman, dessinateur d’une autre série, Smokey Stover (Popol le joyeux pompier) proposée de 1937 à 1939 dans L’Épatant, le journal des Pieds nickelés.

Enfin, le groupe Excelsior Publications lance également son illustré moderne avec Le Journal de Toto, créé en 1937, qui renoue avec les comic strips du Chicago Tribune. Dès sa première année, l’hebdomadaire pour la jeunesse propose des séries françaises, italiennes et américaines, dont Dick Tracy de Chester Gould, que l’édition européenne avait déjà publié en 1933 et 1934, mais aussi la série de Zack Mosley, The Adventures of Smilin’ Jack, traduite par Richard l’aviateur 27. Même si Le Journal de Toto est l’un des plus forts tirages de la presse enfantine de la fin des années 1930 28, il n’a plus le rôle avant-gardiste qu’ont pu avoir les hebdomadaires illustrés du groupe Excelsior Publications en matière de reproduction de comic strips.

 

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Liste des bandes dessinées parues dans Dimanche-Illustré disponibles sur Gallica

 

Bicot, président de club, par Martin Branner : du 4 mars 1923 au 28 avril 1940.

La famille Mirliton, par Sydney Smith: du 6 janvier 1924 au 27 novembre 1927, avec un épisode supplémentaire le 10/02/1929.

Zig et Puce, par Alain Saint-Ogan : du 3/05/1925 au 14/10/1934 

 

Autres planches en bichromie publiées dans les premiers mois de la revue : 

4/03/1923 : Ruse de renard, anonyme (sans bulles, avec texte sous l’image)

11/03/1923 : Rigobert chasse le papillon, par Naurac

18/03/1923 : La photographie imprévue, par Naurac

25/03/1923 : Le méchant loup et le bon petit chien, par Naurac

1er/04/1923 : Le souper interrompu, par Naurac

8/04/1923 : L’échelle à bascule [Kernel Cootie], par Carey Orr

15/04/1923 : Les aventures de Potiron. Un chien trop fidèle, par Albert Mourlan

22/04/1923 : Un jardin modèle [Kernel Cootie], par Carey Orr

29/04/1923 : Le bateau d’Ernest [Ginger Pop], par Russ Westover

6/05/1923 : Potiron plombier, par Albert Mourlan

13/05/1923 : Une farce qui finit mal [Kernel Cootie], par Carey Orr

20/05/1923 : Un lapin récalcitrant [Kernel Cootie], par Carey Orr

27/05/1923 : Les abeilles du voisin [Kernel Cootie], par Carey Orr

3/06/1923 : Les plaisirs de la campagne, par Roger Cartier

10/06/1923 : Manquant

17/06/1923 : N’emprunter jamais [Reg’lar Fellers], par Gene Byrnes

24/06/1923 : Une bonne trop zélée, par Roger Cartier

1er/07/1923 : Un truc pour ne pas payer la casse [Kernel Cootie], par Carey Orr

8/07/1923 : Tiburce veut n’en faire qu’à sa tête…, par Roger Cartier

15/07/1923 : Histoire d’un naufrage [Kernel Cootie], par Carey Orr

22/07/1923 : Une omelette réussie [Kernel Cootie], par Carey Orr

29/07/1923 : Une ruse de Babouin, par Roger Cartier

5/08/1923 : Un bon moyen de se tirer d’affaire [Kernel Cootie], par Carey Orr

12/08/1923 : Manquant

19/08/1923 : Potiron commissionnaire. Un drôle de commission, par Albert Mourlan

26/08/1923 : Un dévouement inattendu, par Haro

2/09/1923 : L’âne récalcitrant, par Haro

9/09/1923 : L’aimant [Potiron], par Albert Mourlan

16/09/1923 : Un poisson embarrassant [Kernel Cootie], par Carey Orr

23/09/1923 : Potiron, homme serpent, par Albert Mourlan

30/09/1923 : Il ne faut pas jouer au docteur[Kernel Cootie], par Carey Orr

7/10/1923 : Zéphirin débute au cinéma [Harold Teen], par Carl Ed

14/10/1923 : Manquant

21/10/1923 : Manquant

28/10/1923 : Zéphirin n’a pas de chance au cinéma [Harold Teen], par Carl Ed

4/11/1923 : Tel est pris qui croyait prendre [Reg’lar Fellers], par Gene Byrnes

11/11/1923 : Tiburce fait une belle chasse…, par Roger Cartier

18/11/1923 : Une vocation [Reg’lar Fellers], par Gene Byrnes

25/11/1923 : Manquant

2/12/1923 : Tiburce fait de la culture physique…, par Roger Cartier

9/12/1923 : Les tribulations d’une balle [Reg’lar Fellers], par Gene Byrnes

16/12/1923 : Tiburce est un mauvais commissionnaire…, par Roger Cartier

23 et 30/12/1923, 20/01/1924 : Manquants

27/01/1924 : Tiburce fait de l’hypnotisme !, par Roger Cartier

10 et 17/02/1924 : Manquants

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(Merci à Leonardo De Sá pour sa relecture attentive.)

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  1. La mention du « copyright Dimanche-Illustré, Chicago Tribune » apparaît dans Dimanche-Illustré à partir du 3 février 1924.[]
  2. Sur cette adaptation, voir Ian Gordon, « America and France: Perry Winkle and Bicot », Kid Comic Strips: A Genre Across Four Countries, Palgrave, 2016, p. 37-62.[]
  3. « Andy Gump in Paris, New name is Narcisse », The Chicago Tribune 21 janvier 1924.[]
  4. Ces bandes ne sont pas vraiment identifiée comme faisant partie d’une série : le strip n’est pas publié de façon régulière et Old Doc Yak, quand il est nommé, s’appelle M. Mouche puis M. Puck. Un premier strip paraît dans le numéro du 1er mars 1931 (« les petits exploits de M. Mouche »), avec le copyright The Chicago Tribune. Les autres sont publiés de façon plus continue au second semestre de 1932 : 28 août 1932 – 18 septembre 193216 octobre 1932 (« Monsieur Puck est satisfait de sa chasse ») – 23 octobre 193213 novembre 193220 novembre 19324 décembre 193218 décembre 1932.[]
  5. La publication de La famille Mirliton s’étale du 6 janvier 1924 au 27 novembre 1927, avec un épisode supplémentaire le 10 février 1929, tandis que celle de Bicot va du 4 mars 1923 au 28 avril 1940.[]
  6. Sur ses albums, voir notre article Buster Brown in France.[]
  7. Julien Baudry et Marie-Pierre Litaudon, « Hachette entre héritage et renouvellement (1920-1960) : comment “faire collection” face au défi des albums “transmédiatiques” ? », Strenæ [en ligne], n° 11, octobre 2016.[]
  8. Voir Julien Baudry, Le Théâtre du Petit Monde : la bande dessinée dans le répertoire dramatique de l’enfance (1919-1940), publié en juin 2015 sur neuvième art 2.0.[]
  9. Voir notre chapitre « American cartoonists in Paris » de notre article Les comic strips du Paris Tribune.[]
  10. « Bloc-Notes », Excelsior, 2 septembre 1932 et « Michael [sic] Branner le créateur “Bicot” est reparti pour New-York », Paris-Soir, 5 octobre 1932.[]
  11. Merci à Philippe Capart pour ce rapprochement. En 1932, Robert Velter est chef de rang sur des paquebots transatlantiques. Il reste de cette rencontre une caricature qu’il fit sur le SS Champlain de l’américain et de son héros et qui est reproduite dans l’ouvrage de Jean-Paul Tiberi, Rob-Vel (Le Taupinambour, 2009). En 1934, Velter s’installe à New York et deviendra l’assistant de Branner. Il revient en France en 1936, travaillant pour Opera Mundi, agence pour laquelle il crée le strip muet Les inventions de Tintin (qui deviendra plus tard Les avatars de M. Subito) sous le pseudonyme Bozz. Cette bande dessinée sera publiée dans Le Petit Parisien, qui appartient au groupe de presse dirigé par Jean Dupuy, tout comme Dimanche-Illustré (voir le chapitre suivant).[]
  12. Paul Dupuy fonda d’autres journaux comme Science et Vie, Agriculture nouvelle, Omnia, Le Miroir des Sports, Ciné-Miroir. Il fut également parlementaire de 1910 à 1927 et participa à la mission Caillaux après la Première Guerre mondiale qui était chargée de régler la question des dettes interalliées avec les représentants du Gouvernement américain. Voir sa biographie sur le site de l’Assemblée nationale, extraite du Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 de Jean Jolly.[]
  13. Le journal crée en 1924 sa propre station de radio parisienne, Le Poste parisien, tout comme The Chicago Tribune qui achète la même année une station locale. Rebaptisée WGN, elle diffuse notamment une adaptation radiophonique de The Gumps de 1931 à 1934.[]
  14. Sur les comic strips publiés dans Nos Loisirs, voir les articles de Claude Guillot, « Les loisirs d’Illico », Ran Tan Plan, n° 6, juillet 1967 (merci à Frans Van Cauwenbergh et à Philippe Capart pour m’avoir fourni une copie de ce texte) et « À propos de la revue Nos Loisirs », Le Collectionneur de bandes dessinées, n° 4, juin 1977.[]
  15. Ce comic strip de McManus publié dans Nos Loisirs inspire rapidement Louis Forton. Avant de créer Les Pieds nickelés, le dessinateur français copie le principe du jeune couple marié aux prises avec leur jeune bambin : sa série Ce p’tit namour d’enfant apparaît quelques mois après la version originale dans American illustré daté du 30 novembre 1907. Cette série se maintient jusqu’à la fin de ce journal le 28 mars 1908. Dans cette bande dessinée, Forton, qui signe sous le pseudonyme américanisé de Tommy Jackson, réutilise le même dispositif dans lequel des bulles cohabitent avec un texte descriptif, placé sous l’image, superflu pour comprendre ces gags élémentaires.[]
  16. Dès 1921, Le Petit Parisien propose en Une ou page intérieure de courtes histoires en images dessinées par Alain Saint-Ogan, Jean Varé, Arsène Brivot ou encore Jean-Pierre Godreuil.[]
  17. Voir notamment Patrick Gaumer, « Dimanche-Illustré », Guide Totem : La BD, Larousse, 2002, p. 185-188.[]
  18. Helen Bancroft Browne est née à Chicago le 28 mars 1875 et morte le 13 avril 1951 à Paris (XVIe arr.). Sources : Archives de Paris. Merci à Leonardo De Sá pour son aide.[]
  19. Paul Dupuy s’est rendu à Chicago en 1923 : « Famous French Editor Delivers Addresses Here: Paul M. Du Puy Studies U.S. Newspapers », The Chicago Tribune, 9 novembre 1923.[]
  20. À notre connaissance, il n’y a pas de copie de ces séries par des dessinateurs français comme il a pu y en avoir avec celles du New York Herald. Voir à ce sujet le chapitre « Inspirations, adaptations et traductions » de notre article Les comic strips du « Paris Herald ».[]
  21. Aucun de ses dessinateurs ne s’est distingué dans la bande dessinée, avant ou après cette collaboration. Jean-Raoul Chaurand, dit Naurac, est né à Lyon le 28 février 1878 et mort le 3 octobre 1848 à Paris ; Louis Albert Mourlan est né le 27 juin 1887 à Paris et mort le 22 novembre 1946 à Montfermeil ; Roger Cartier est né le 9 décembre 1893 à Saujon (Charente-Maritime) et mort le 21 octobre 1971 à Cannes ; Haro, ou Paul Harot, pseudonyme de Archag Haroutionn Tékéian, est né à Marseille le 6 avril 1895 et mort à Arles le 9 décembre 1987. Merci à à nouveau à Leonardo De Sá pour ces données biographiques consultables sur la page des fiches biographiques des dessinateurs.[]
  22. Les bandes dessinées à bulles françaises du Dimanche-Illustré inspireront à la même époque un autre dessinateur : Raymond Cazanave. Ce dernier donne deux aventures d’un jeune héros nommé Cascarin dans Les Petits bonshommes : « Leçon d’arithmétique », dans le n° 44 du 8 décembre 1923 puis « Une surveillance qui coûte cher », en deux parties, dans le n° 45 du 15 décembre 1923 et le n° 46 du 22 décembre 1923. Mais comme dans Dimanche-Illustré, ces essais s’arrêteront là.[]
  23. Alain Saint-Ogan, Je me souviens de Zig et Puce et de quelques autres, La Table Ronde, coll. Quelques pas en arrière, 1961, p. 77-78.[]
  24. On notera que tout du long de la publication de Dimanche-Illustré et à côté des séries de Saint-Ogan (Zig et Puce et M. Poche), d’autres bandes dessinées sont présentes dans le journal dans la rubrique « La Semaine comique » évoquée plus haut. Ces courtes histoires en images, sans légendes ou avec leur texte sous l’image, sont réalisées par de très nombreux dessinateurs français, parmi lesquels figurent notamment, Saint-Ogan, Arsène Brivot, Georges Fronval, Gaston Mas, Roger Chancel, Maurice Julhès, Antoine de Roux ou encore Albert Dubout.[]
  25. C’est notamment le cas de Pitche d’Alek Stonkus publié en 1931 et 1932 ou des histoires de l’ourson Ouidy-Bidy dessinées par René Klapac qui paraissent en 1932 et 1933.[]
  26. Le jeune héros réapparaît dans Patatras, chef pirate (dessins de Joseph Pinchon et texte de Henry Dorac) à partir du 24 octobre 1935. Voir la page consacrée à Benjamin sur Gallica pour le détail des nouvelles histoires de Patatras.[]
  27. Robert Velter est engagé au lancement du Journal de Toto dont il assure le secrétariat de rédaction. Il réalise également la bande dessinée mettant en scène le personnage-titre de la revue, le mousse Toto, ainsi que la traduction des séries américaines, parlant couramment l’anglais. Cf. La Véritable Histoire de Spirou (1937-1946), par Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Dupuis, 2013, p. 48.[]
  28. Cf. les chiffres des tirages de la presse enfantine à la fin des années 1930 donnés par Thierry Crépin dans « Haro sur le gangster ! » La moralisation de la presse enfantine 1934-1954. CNRS éditions, 2002, p. 61 et 69.[]

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